
Un cadeau d’État hors du commun
Lors de sa visite en France, le pape Léon XIV a reçu de la présidence de la République un présent inédit : l’Évangile selon Marc, en grec ancien et en français, encodé dans de l’ADN synthétique et encapsulé par Imagene. Ce projet a été réalisé en partenariat avec Pascal Barbry (Institut de pharmacologie cellulaire et moléculaire du CNRS / PEPR MoleculArXiv (1)).
Pourquoi de l’ADN dans une capsule pour stocker une information destinée à traverser les millénaires ?
L’intérêt de l’ADN comme support de stockage de données est d’abord son extraordinaire densité d’information : en théorie, quelques grammes d’ADN suffiraient à contenir l’ensemble des données numériques produites dans le monde. Ensuite, les données sous cette forme sont pérennes car cette molécule peut rester stable à température ambiante mais ceci, à condition d’être mise à l’abri de l’oxygène, de l’eau et des autres polluants atmosphériques qui conduisent immanquablement à sa dégradation.
La réponse d’Imagene : la protection contre les facteurs de dégradation
C’est précisément sur ce point qu’intervient la technologie Imagene, technologie développée et validée depuis presque 30 ans. Une étude publiée récemment par Coudy et al. dans la revue PLOS One, permet d’estimer, dans ces conditions, à 38 000 ans, la demi-vie de fragments de 150 pb (taille correspondant à la ligne d’écriture de l’information encodée) (2). Ainsi, les capsules DNAshell, hermétiquement scellées, mettant l’ADN à l’abri des facteurs de dégradation, lui permettent une conservation quasi indéfinie à l’échelle humaine.
Un choix cohérent avec la portée symbolique du texte
Le choix de ces capsules pour conserver l’Évangile selon Marc n’est pas anodin. Un texte transmis depuis près de 2 000 ans méritait un support capable de traverser, à son tour, les millénaires. La rencontre entre un document ancien et une technologie de pointe donne à ce cadeau une dimension particulière : celle de la continuité, entre l’expression d’une parole et sa transmission à l’échelle du temps long
Pour permettre la lecture du texte à partir de l’ADN, celui-ci est accompagné d’un vade-mecum de décodage détaillant la méthode pour reconstruire le texte encodé dans les capsules (3).
(1) https://pepr-molecularxiv.fr/
(2) https://doi.org/10.1371/journal.pone.0259868
(3) https://entrepot.recherche.data.gouv.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.57745/5P5PNA
